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JA
José Arrebola ·
Expert financement médical
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5 octobre 2026
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Mis à jour le 5 octobre 2026
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13 min de lecture

Dividendes SELARL : ce qu’il vous reste vraiment après impôts et cotisations

Sur 50 000 € versés en dividendes depuis votre SELARL, la question qui compte porte sur la part de cette somme qui échappe réellement à vos cotisations sociales, pas sur le taux de 30 % ou 31,4 % de flat tax. En SELARL, l’associé qui exerce sa profession au sein de la société est travailleur non salarié : au-delà d’un seuil calculé sur le capital social qu’il détient, ses dividendes basculent dans l’assiette de ses cotisations. Voici ce seuil, la fiscalité qui s’applique en dessous, et comment arbitrer chaque année entre rémunération et dividendes.

En résumé

Ce qu’il faut retenir

  • Le seuil qui compte : au-delà de 10 % du capital social, des primes d’émission et du compte courant d’associé moyen qu’il détient, un associé exerçant relevant du statut TNS voit ses dividendes basculer dans l’assiette de ses cotisations sociales (article L.131-6 du Code de la sécurité sociale), pas dans la flat tax.
  • En dessous du seuil : flat tax à 31,4 % (12,8 % d’impôt, 18,6 % de prélèvements sociaux, taux 2026) ou option pour le barème progressif avec un abattement de 40 %, intéressante seulement en dessous d’une tranche marginale d’environ 24 % (en pratique, aux tranches à 0 % et 11 %).
  • Au-delà du seuil : plus de prélèvements sociaux, mais des cotisations TNS de l’ordre de 40 à 45 % sur le dividende excédentaire, qui reste par ailleurs imposé à l’IR. Le prélèvement global dépasse alors 60 % du résultat d’origine : un dividende requalifié coûte plus cher qu’une rémunération.
  • La rémunération de l’associé exerçant est imposée en BNC depuis 2024, et non plus systématiquement comme un salaire via l’article 62 du CGI, désormais réservé à la seule part de mandat social.
  • Remonter les dividendes vers une SPFPL sort la fraction versée de cette assiette sociale, à condition que la rémunération reste cohérente et que la SPFPL ait une vraie substance : le risque de requalification n’est pas nul.

Le seuil des 10 % : ce qui fait basculer vos dividendes dans les cotisations sociales

En SELARL, la qualité de travailleur non salarié s’attache à l’associé qui exerce sa profession au sein de la société, pas au seul mandat de gérance : c’est la lecture retenue par la Cour de cassation, pour qui les bénéfices d’une SEL au sein de laquelle un travailleur indépendant exerce son activité constituent le produit de son activité professionnelle et entrent dans l’assiette de ses cotisations. Cette affiliation change tout sur les dividendes : au-delà d’un certain montant, ils ne sont plus taxés comme un revenu du capital, ils sont réintégrés dans l’assiette de ses cotisations sociales (article L.131-6 du Code de la sécurité sociale).

Le seuil se calcule sur trois montants additionnés, détenus par l’associé exerçant lui-même (et, selon les cas, son conjoint ou ses enfants mineurs) : le capital social, les primes d’émission, et la moyenne annuelle des soldes de son compte courant d’associé. Sur une SELARL à associé unique, la nuance ne change rien au calcul ; dès qu’il y a plusieurs associés exerçants, chacun est regardé pour ce qu’il détient personnellement.

Attention. Sur une SELARL capitalisée à 10 000 €, sans primes d’émission ni compte courant, le seuil s’établit à 1 000 € de dividendes par an. Loger davantage de dividendes sous ce seuil suppose une base bien plus large, comme le montre le tableau ci-dessous.

Dividende à loger sous le seuil Base requise (capital + primes + CCA moyen)
10 000 € 100 000 €
30 000 € 300 000 €
43 250 € (le cas de l’exemple plus bas) 432 500 €
50 000 € (le cas du chapô) 500 000 €

Échapper aux cotisations sur 50 000 € de dividendes suppose donc une base de 500 000 €, hors de portée d’une SELARL classique.

Une vraie marge de manœuvre existe, mais elle demande de la substance : le moyen le plus rapide de l’élargir est le compte courant d’associé, puisque c’est la moyenne annuelle des soldes qui compte, pas un apport ponctuel réalisé juste avant l’assemblée puis remboursé ensuite, qui ne produit quasiment aucun effet. Une augmentation de capital par incorporation de réserves suivie d’une réduction de capital serait, de la même façon, un candidat naturel à la requalification. C’est un point que beaucoup de praticiens découvrent trop tard, une fois les dividendes déjà requalifiés lors d’un contrôle URSSAF.

Flat tax ou barème progressif : comment sont imposés vos dividendes sous le seuil

Sous le seuil des 10 %, deux options s’offrent à vous, au choix chaque année pour l’ensemble de vos revenus du capital, pas dividende par dividende. L’option est irrévocable pour l’année et se matérialise par la case 2OP de votre déclaration.

Le prélèvement forfaitaire unique, ou flat tax, s’élève à 31,4 % en 2026 (12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu, 18,6 % de prélèvements sociaux après la hausse de CSG actée par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026). La SELARL prélève toutefois un acompte au moment de la distribution : un prélèvement forfaitaire non libératoire de 12,8 % (article 117 quater du CGI), imputable l’année suivante sur votre impôt. Une dispense existe si votre revenu fiscal de référence reste sous 50 000 € (personne seule) ou 75 000 € (couple) : mal demandée ou oubliée, elle se traduit par une avance de trésorerie inutile.

L’option pour le barème progressif ouvre droit à un abattement de 40 % sur le dividende avant de l’ajouter à vos autres revenus et de l’imposer à votre tranche marginale (TMI). Les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus dans les deux régimes : ils sortent donc du calcul. Seule la part d’impôt sur le revenu se compare : 12,8 % au PFU contre 60 % de votre TMI, minorés du gain lié à la CSG déductible (fixée à 6,8 %, article 154 quinquies, II du CGI). Le point mort se situe autour de 24 % de TMI : en pratique, le barème n’est gagnant qu’aux tranches à 0 % et 11 % ; dès 30 % de TMI, la flat tax reste la meilleure option, de plusieurs points.

Un point à surveiller si votre revenu fiscal de référence dépasse 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple) : la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR, instaurée par la loi de finances pour 2025 et reconduite par celle pour 2026) impose un taux moyen minimal de 20 % sur vos revenus les plus élevés. Un praticien qui cumule une forte rémunération et des dividendes au PFU peut, dans ce cas, voir l’avantage de la flat tax rogné par ce plancher.

José Arrebola, fondateur de PROXIME Conseil

José Arrebola
Fondateur de Proxime Conseil — ORIAS n°12067857

« Le réflexe que je vois le plus souvent, c’est de vouloir se verser un maximum de dividendes en pensant échapper aux cotisations. Sur la part qui dépasse 10 % du capital, ça ne marche pas : les cotisations tombent quand même. La vraie question, ce n’est pas rémunération ou dividendes, c’est où placer le curseur cette année-là, selon votre bénéfice, votre capital et vos projets. C’est un calcul qu’on refait chaque année avec nos clients, pas une règle qu’on pose une fois pour toutes. »

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Rémunération de l'associé exerçant ou dividendes : comment arbitrer, avec un exemple chiffré

Les deux voies ne sont pas taxées au même endroit, ni selon le même régime. Depuis l’imposition des revenus 2024 (doctrine BOFiP du 27 décembre 2023, précisée par un rescrit du 24 avril 2024, BOI-RES-BNC-000136), la rémunération de l’associé qui exerce sa profession au sein de la SELARL est imposée en BNC, avec déduction des frais réels via une déclaration 2035 (un accès au régime micro-BNC reste possible sous le seuil de l’article 102 ter du CGI). Seule la part rattachée au mandat social relève encore de l’article 62 du CGI ; si les deux ne peuvent être distinguées chez un gérant majoritaire, l’ensemble reste imposé selon l’article 62, l’administration admettant une quote-part forfaitaire de 5 % au titre des fonctions de gérant (BOI-RSA-GER-30, § 550). Dans les deux cas, la rémunération reste déductible du résultat de la SELARL avant impôt sur les sociétés, et supporte des cotisations sociales TNS de l’ordre de 40 à 45 % selon la caisse (CARMF, CARCDSF, CIPAV selon la profession).

Les dividendes suivent le chemin inverse : la SELARL paie d’abord l’impôt sur les sociétés (15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà, taux 2026 ; le taux réduit suppose un capital entièrement libéré et détenu à 75 % au moins par des personnes physiques, article 219, I-b du CGI), puis vous touchez le solde : sous flat tax ou barème en dessous du seuil des 10 %, sous cotisations TNS au-delà. Même requalifié, un dividende excédentaire reste un revenu de capitaux mobiliers soumis à l’IR (PFU ou barème), jamais taxé comme un salaire.

Exemple : la SELARL d’un médecin au capital de 10 000 €, sans compte courant d’associé, dégage 150 000 € de bénéfice avant rémunération. L’associé exerçant arbitre entre deux schémas.

Tout en rémunération n’est pas arithmétiquement possible à hauteur des 150 000 € : avec des cotisations de l’ordre de 40 %, ce bénéfice finance au maximum 107 143 € de rémunération, les cotisations en absorbant 42 857 €. Le schéma mixte, lui, est entièrement finançable :

Schéma mixte : rémunération 70 000 € + dividendes Montant
Cotisations TNS sur 70 000 € 28 000 €
Résultat soumis à l’IS 52 000 €
IS dû (15 % jusqu’à 42 500 €, puis 25 %) 8 750 €
Dividende distribuable 43 250 €
… dont sous le seuil (PFU 31,4 %) 1 000 € (2,3 %)
… dont au-delà (cotisations TNS) 42 250 € (97,7 %)

À peine 2,3 % du dividende distribuable reste sous flat tax : sans avoir élargi le capital social au préalable, gonfler les dividendes au-delà du seuil ne réduit quasiment rien à la pression globale.

L’arbitrage utile se joue donc sur deux curseurs à la fois : le niveau de rémunération, et la taille de la base (capital, primes, compte courant) qui détermine combien de dividendes peuvent réellement rester sous flat tax. Et le dividende requalifié n’est jamais un choix neutre : sur 100 € de résultat avant rémunération (TMI 41 %, IS 25 %, cotisations TNS 40 %), le prélèvement global atteint environ 57,9 % en rémunération, contre plus de 61 % pour un dividende au-delà du seuil, l’impôt sur les sociétés ayant déjà été acquitté en amont sans que le dividende soit, lui, déductible.

Remonter les dividendes vers une SPFPL : ce qui change, et ce qui ne change pas

Un dividende versé à une SPFPL plutôt qu’à vous personnellement change la donne sur deux plans différents, qu’il faut distinguer sans les confondre.

Sur le plan fiscal, le régime mère-fille exonère ces dividendes d’impôt sur les sociétés à 95 %, seule une quote-part de frais et charges de 5 % restant imposable, pour une imposition effective de 1,25 % en principe (articles 145 et 216 du CGI). Ce taux n’est pas universel : si la SPFPL bénéficie elle-même du taux réduit d’IS, il descend à 0,75 % ; en intégration fiscale, la quote-part ramenée à 1 % le fait tomber à 0,25 %. Condition pour la mère-fille : la SPFPL doit détenir au moins 5 % du capital de la SELARL et s’engager, dès l’acquisition, à conserver les titres deux ans.

Sur le plan social, l’article L.131-6 du Code de la sécurité sociale vise l’associé professionnel exerçant, une personne physique : les dividendes versés à une SPFPL échappent, en principe, au seuil des 10 %. Ce n’est pas pour autant une mise à l’abri automatique et absolue.

Point de vigilance. Dans un arrêt du 19 octobre 2023 (Cass. 2e civ., n° 21-20.366), les cotisations sociales ont été réintégrées sur des dividendes remontés à la SPFPL d’un chirurgien-dentiste dont la rémunération paraissait insuffisante face à son train de vie réel. Deux réponses ministérielles concordantes (27 février puis 21 août 2025) ont précisé que cette décision visait une situation très spécifique, un praticien seul associé exerçant détenant avec son épouse l’intégralité de la SPFPL, où l’interposition de la holding « n’a pu avoir pour autre objet que de contourner la législation », et qu’elle n’a pas vocation à être généralisée. Une réponse ministérielle reste toutefois d’un rang inférieur à un arrêt publié au Bulletin et n’engage pas une caisse de retraite comme la CARCDSF : le risque contentieux subsiste, la doctrine ministérielle sécurise le raisonnement, pas le redressement. En pratique, mieux vaut documenter chaque année le niveau de rémunération de l’associé exerçant et la substance réelle de la SPFPL (pluralité d’associés exerçants, portage d’un emprunt d’acquisition, détention d’autres participations).

Ce que le régime mère-fille ne change pas : il reporte l’imposition, il ne l’efface pas. Tant que l’argent reste dans la SPFPL, il est faiblement taxé ; le jour où vous le sortez pour votre poche, la fiscalité personnelle, et selon le montage les cotisations sociales, reprennent leurs droits.

SELARL ou SELAS : le traitement social des dividendes est-il le même ?

Non : le président de SELAS est assimilé salarié, pas travailleur non salarié, donc ses dividendes échappent totalement au seuil des 10 % de l’article L.131-6 CSS, quel que soit leur montant. Le coût des charges reste toutefois plus élevé en assimilé salarié (70 à 80 % du net) qu’en TNS (40 à 45 %) : un arbitrage à part entière, traité dans un article dédié.

« Mon expert-comptable refusait de faire remonter mes dividendes vers ma SPFPL : il remboursait le prêt bancaire qui avait financé le rachat de mes parts de SELARL en tirant directement sur la trésorerie de la SELARL, plutôt que de passer par les dividendes. Ça a fait tiquer le contrôle fiscal. Avec Proxime, on a remis les flux dans l’ordre : ce sont maintenant les dividendes qui remontent proprement vers la SPFPL et qui remboursent l’emprunt, comme ça aurait dû être fait depuis le début. »

Dr S L S
Anesthésiste, client Proxime 2025

FAQ : dividendes en SELARL

Les dividendes d'une SARL et d'une SELARL sont-ils imposés de la même façon ?

Le mécanisme de base, oui : le seuil des 10 % de l’article L.131-6 CSS s’applique aux deux formes dès qu’un associé y exerce son activité et relève du statut TNS, ce qu’une fiche généraliste sur la SARL ne précise jamais.

Comment est imposée la rémunération d'une SELARL ?

En BNC depuis 2024, avec déduction des frais réels (déclaration 2035, micro-BNC possible sous le seuil de l’article 102 ter du CGI) : il n’y a plus d’abattement forfaitaire de 10 % comme pour un salaire. Seule la part de mandat social reste sous l’article 62 du CGI.

Vaut-il mieux se verser une rémunération ou des dividendes en SELARL ?

Ça dépend de votre bénéfice, de la base (capital, primes, compte courant) et de vos projets d’investissement : les dividendes restent légers sous le seuil des 10 %, plus coûteux au-delà, l’IS ayant déjà été payé en amont.

Faut-il opter pour la flat tax ou le barème progressif sur ses dividendes de SELARL ?

La flat tax à 31,4 % reste la meilleure option dès que votre tranche marginale dépasse 11 % : le barème progressif, abattement de 40 % inclus, n’est gagnant qu’aux tranches à 0 % et 11 %.

Chez Proxime Conseil, qui structure des SELARL de professionnels de santé depuis 2011, cet arbitrage se recalcule chaque année avec les vrais chiffres du dossier : bénéfice, capital social, caisse de retraite et projets du praticien.

JA
José Arrebola
Expert en financement et structuration juridique médicale

Depuis 2011, José Arrebola accompagne médecins, chirurgiens-dentistes et pharmaciens dans les moments clés de leur parcours professionnel : installation, passage en société, financement et transmission. Fondateur de PROXIME Conseil, cabinet indépendant et réglementé.

ORIAS enregistré Cabinet indépendant | n°12067857 | Depuis 2011

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