SELARL cabinet dentaire : ce qu’elle change concrètement pour un chirurgien-dentiste
Votre cabinet dégage 150 000 € de bénéfices, et la totalité passe au barème de l’impôt sur le revenu. C’est le quotidien de beaucoup de chirurgiens-dentistes en BNC, et c’est souvent là que la SELARL entre en jeu. Vous avez déjà identifié la structure : reste à savoir ce qu’elle change vraiment pour vous, ses limites, et comment elle se crée.
En résumé
L’essentiel à retenir
- La SELARL loge votre activité dans une société à l’IS : vous pilotez votre rémunération au lieu d’être imposé sur tout le bénéfice.
- L’intérêt apparaît surtout au-delà d’un certain bénéfice (souvent autour de 100 000 € et plus) : une question de chiffres, pas de principe.
- Elle protège votre patrimoine et facilite la transmission ou la cession du cabinet.
- Elle a un coût et impose l’inscription à l’Ordre des chirurgiens-dentistes.
- La SELAS est une alternative à considérer selon votre profil.
La SELARL pour un cabinet dentaire, c’est quoi ?
La SELARL est une société d’exercice libéral conçue pour héberger une profession réglementée, ici la chirurgie dentaire. Elle réunit le plus souvent plusieurs associés, mais peut aussi être créée dès l’origine sous forme unipersonnelle (la SELARLU) par un praticien seul. Elle est soumise à l’IS (de plein droit à plusieurs, sur option en unipersonnelle), et c’est ce passage à l’IS qui ouvre le pilotage de la rémunération. Elle peut aussi s’articuler avec une SPFPL pour détenir plusieurs cabinets ou préparer une transmission, un sujet traité à part.
BNC ou SELARL : ce qui change pour un dentiste
En BNC, l’intégralité du bénéfice est imposée à votre nom à l’impôt sur le revenu, que vous le consommiez ou non. En SELARL, vous séparez ce que vous vous versez (imposé à l’IR) et ce que vous laissez dans la société, taxé à l’IS : 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice pour les sociétés éligibles au taux réduit (capital entièrement libéré, chiffre d’affaires sous 10 M€), puis 25 %.
Exemple tiré de dossiers réels : un cabinet dégage 150 000 € de bénéfice, le praticien se verse 90 000 €, et les 60 000 € restants sont conservés à l’IS pour financer du matériel, un fauteuil ou un projet. Depuis 2024, la rémunération technique (vos actes) est imposée en BNC, seule la part de gérance relevant de l’article 62 du CGI ; cette répartition doit désormais pouvoir être justifiée, le forfait de 5 % ayant été annulé en 2025. Cette réforme a des conséquences concrètes : le gain fiscal réel dépend du ratio rémunération/bénéfice retenu. Le mieux reste d’estimer le gain fiscal d’un passage en SELARL pour votre cabinet avant de décider.
Les avantages pour un chirurgien-dentiste
- Piloter sa rémunération : arbitrer entre rémunération et dividendes selon vos besoins réels.
- Capitaliser dans la société : la trésorerie laissée à l’IS finance le matériel ou les locaux, sans passer par votre IR personnel.
- Protéger son patrimoine : responsabilité limitée aux apports ; la faute professionnelle reste couverte par votre assurance RCP.
- Préparer la transmission : céder des parts de société est souvent plus souple que céder une patientèle en direct.
Les limites à connaître
- Un coût et du formalisme : comptabilité, assemblée annuelle, dépôt des comptes. Un expert-comptable spécialisé santé devient indispensable.
- Le statut TNS : le gérant majoritaire cotise comme travailleur non salarié ; le décalage de cotisations des premières années est à provisionner.
- Pas d’intérêt à tout niveau : en dessous d’un certain bénéfice, le passage en société ne se justifie pas.
- Des dividendes encadrés : en SELARL, les dividendes du gérant majoritaire ne sont allégés de cotisations sociales que dans la limite de 10 % du capital, des primes et du compte courant d’associé. Au-delà, ils supportent les cotisations TNS : le dividende n’est donc pas un substitut neutre à la rémunération.
José Arrebola
Fondateur de Proxime Conseil — ORIAS n°12067857
« Les dossiers de dentistes que j’accompagne ont souvent un point commun : ils ont attendu trop longtemps. Un cabinet qui dégage 150 000 € de bénéfices en BNC laisse chaque année des milliers d’euros sur la table. La SELARL n’est pas un montage compliqué : c’est une décision qui se prend une fois, avec les bons chiffres. »
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Comment créer une SELARL dentaire : les étapes
- Rédiger les statuts (objet : l’exercice de la chirurgie dentaire, capital, gérance).
- Déposer le capital social, dont le montant est libre.
- Publier une annonce légale.
- Déposer le dossier d’immatriculation via le guichet unique (INPI).
- Faire inscrire la société au tableau de l’Ordre des chirurgiens-dentistes : c’est elle qui conditionne le démarrage de l’activité.
La variable de délai n’est pas le greffe mais l’Ordre, qui statue dans un délai encadré, jusqu’à trois mois à compter d’un dossier complet. À anticiper si une date d’installation est fixée. Pour le cadre commun à tous les statuts, voir notre guide complet sur la SELARL.
FAQ – SELARL et cabinet dentaire
Au moins un associé doit exercer la chirurgie dentaire dans la société, et le capital doit rester majoritairement détenu par des professionnels en exercice. L’ouverture à d’autres associés est possible, mais encadrée par la loi et la déontologie de l’Ordre.
Le BNC est simple et adapté au début d’activité ou aux bénéfices modestes. La SELARL devient pertinente dès que le bénéfice dépasse durablement votre train de vie et que vous voulez capitaliser. Cela se chiffre.
En nom propre (BNC), ou en société : SELARL, SELAS et leurs versions unipersonnelles. Le choix entre SELARL et SELAS dépend surtout du statut social et de la gestion des dividendes. Pour situer ces formes entre elles, voir le guide SEL pour les professions libérales de santé.
L’activité dentaire étant exonérée de TVA, une SELARL qui emploie du personnel (assistante, secrétaire) peut être redevable de la taxe sur les salaires sur les rémunérations de ses salariés. Un poste à intégrer au chiffrage.
La SELARL est souvent le bon levier pour un cabinet rentable : pilotage, capitalisation, protection et transmission. Mais la décision se prend sur des chiffres, et la SELAS peut être préférable selon votre profil. Proxime Conseil, expert en structuration juridique pour les chirurgiens-dentistes, accompagne les praticiens qui souhaitent faire appel à un spécialiste pour votre passage en SELARL, du chiffrage à l’inscription à l’Ordre.
« Le cabinet PROXIME Conseil m’a accompagné mi 2023 dans la mise en place et le financement de ma SELARL. Nous avons dû suivre de près les différents interlocuteurs qui changeaient en permanence et retardaient la procédure de mise en place. Heureusement, la réactivité et le suivi ont été sans faille permettant un dénouement dans les délais raisonnables. »
PROXIME Conseil accompagne la création de sociétés d’exercice libéral et le financement du fonds libéral des professionnels de santé. Les activités de conseil en investissements financiers et d’intermédiation en opérations de banque et services de paiement sont exercées dans le cadre des statuts CIF et IOBSP, avec immatriculation à l’ORIAS sous le numéro 12067857 (www.orias.fr). PROXIME Conseil est adhérent de l’ANACOFI, association professionnelle agréée par l’AMF au titre du statut de conseiller en investissements financiers. Les activités concernées relèvent, selon leur nature, du contrôle de l’AMF et/ou de l’ACPR. En cas de litige, le médiateur de l’ANACOFI peut être saisi : 92 rue d’Amsterdam, 75009 Paris.
Cet article a une vocation informative et ne constitue pas une recommandation personnalisée. Les montants et taux cités s’entendent au régime fiscal en vigueur en 2026 ; tout conseil suppose une étude de votre situation individuelle.