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JA
José Arrebola ·
Expert financement médical
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2 juin 2026
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Mis à jour le 7 juillet 2026
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13 min de lecture

SELARL : le guide complet pour les médecins libéraux

Quand un médecin nous appelle pour la première fois, la question est rarement « qu’est-ce qu’une SELARL ? ». C’est plutôt : « est-ce que ça vaut le coup pour moi ? ». Après plus de 250 sociétés médicales constituées depuis 2011, la réponse tient en une nuance : la SELARL n’est pas un montage réservé aux gros cabinets, c’est un outil de structuration qui devient rentable dès un certain niveau de bénéfices. Encore faut-il comprendre ce qu’on y gagne, ce qu’on y perd, et comment la mettre en place sans se tromper.

Ce guide est écrit pour les médecins et professionnels de santé libéraux. Pas pour les avocats ni les architectes : les règles de l’Ordre, le rôle de l’expert-comptable et la fiscalité d’un praticien qui facture des honoraires n’ont rien à voir avec celles des autres professions.

En résumé

L’essentiel à retenir

  • La SELARL est une société d’exercice libéral réservée aux professions réglementées : même mécanique qu’une SARL, mais sous contrôle de l’Ordre.
  • Elle relève de l’impôt sur les sociétés : 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice imposable, puis 25 % au-delà. À comparer au barème de l’IR en BNC, qui peut grimper jusqu’à 45 % (hors contribution exceptionnelle sur les hauts revenus ; la tranche immédiatement inférieure est à 41 %).
  • L’intérêt principal : piloter sa rémunération et capitaliser dans la société une trésorerie peu fiscalisée.
  • La bascule devient rentable au-dessus d’un certain niveau de bénéfices ; en dessous, le surcoût de gestion l’emporte. Il n’existe pas de seuil légal unique.
  • SELARL ou SELAS : même fiscalité de fond, la différence se joue sur le statut social du dirigeant (TNS ou assimilé salarié).

Qu'est-ce qu'une SELARL exactement ?

La SELARL, Société d’Exercice Libéral à Responsabilité Limitée, est une forme de société créée pour permettre aux professions libérales réglementées d’exercer leur activité dans un cadre légal. Sur le plan juridique, c’est l’équivalent d’une SARL classique, mais adaptée aux contraintes des professions soumises à un Ordre.

Concrètement, vous n’exercez plus en votre nom propre. Vous créez une entreprise dotée de la personnalité morale, qui encaisse les honoraires, supporte les charges et vous verse une rémunération. Vous en êtes à la fois l’associé (vous détenez le capital social, divisé en parts sociales) et le gérant (vous dirigez la structure).

Quelques caractéristiques légales à retenir :

  • Le capital social est librement fixé dans les statuts, sans minimum imposé. Les apports peuvent être en numéraire ou en nature. Pour le numéraire, la loi n’exige qu’une libération d’un cinquième à la constitution, le solde pouvant être versé dans les cinq ans. En pratique, on libère immédiatement l’intégralité du capital pour sécuriser le taux réduit d’IS. Les apports en nature (patientèle, matériel) doivent être évalués : on ne peut écarter le commissaire aux apports, et encore à l’unanimité, que si aucun apport en nature ne dépasse 7 500 € et si l’ensemble des apports non évalués reste sous la moitié du capital.
  • La responsabilité des associés est en principe limitée à leurs apports. « En principe », car elle peut être engagée au-delà : caution personnelle consentie à la banque, faute de gestion, responsabilités propres au dirigeant. Et surtout, votre responsabilité professionnelle (les actes de soin) reste personnelle et entière : la SEL ne vous en dégage jamais.
  • L’objet social est strictement l’exercice de votre profession. Une SELARL de médecin ne peut pas avoir une autre activité commerciale.
  • L’inscription de la société au tableau de l’Ordre est obligatoire. Pour les médecins, la SELARL est même constituée sous condition suspensive de cette inscription : elle ne peut être immatriculée qu’une fois inscrite.

C’est l’une des formes parmi les différentes sociétés d’exercice libéral, aux côtés de la SELAS, de la SELARLU ou encore de la SCP, qui répondent chacune à une logique différente.

SELARL et SARL : quelle différence ?

La SARL est une société commerciale ; la SELARL en reprend exactement la mécanique (gérance, parts sociales, responsabilité limitée), mais elle est réservée à une profession libérale réglementée et placée sous le contrôle de l’Ordre, qui encadre les statuts, les cessions de parts et la détention du capital. En clair : même outil juridique, cadre déontologique en plus. Nous comparons les deux en détail dans notre guide SARL ou SELARL : que choisir quand on est médecin ?

Pourquoi passer en SELARL quand on est médecin ?

C’est le cœur du sujet. Tant que vous exercez en nom propre, vos bénéfices sont imposés en BNC (Bénéfices Non Commerciaux), c’est-à-dire intégralement à l’impôt sur le revenu, à votre tranche marginale, qui peut atteindre 45 % (hors contribution exceptionnelle sur les hauts revenus), que vous ayez réellement dépensé cet argent ou non. Vous payez de l’impôt et des cotisations sur la totalité de ce que vous dégagez, même sur la part que vous laissez dormir sur le compte.

L’avantage fiscal central : l’IS au lieu du BNC

En SELARL, la société est soumise à l’impôt sur les sociétés (IS). Et le régime de l’IS change la donne :

  • 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice imposable, sous réserve notamment d’un chiffre d’affaires inférieur à 10 M€ et d’un capital entièrement libéré, détenu à 75 % au moins par des personnes physiques (ou sociétés éligibles) ;
  • 25 % au-delà.

La différence de logique est là : en nom propre, tout le bénéfice subit le barème progressif de l’IR, jusqu’à 45 % ; en SELARL, la société est imposée à 15 % puis 25 %, et vous n’êtes taxé personnellement que sur ce que vous vous versez : rémunération et distributions.

L’idée n’est donc pas de ne plus payer d’impôt, puisque vous le paierez en sortant l’argent, mais de piloter votre rémunération. Vous vous versez ce dont vous avez besoin pour vivre et vous laissez le reste dans la société, imposé à 15 ou 25 % au lieu de 45 %. Cette trésorerie capitalisée sert ensuite à investir, à constituer une réserve ou à préparer un projet : acquisition des murs, regroupement.

Prenons un exemple, sur la base de dossiers réels que nous accompagnons. Un médecin qui facture 288 000 € d’honoraires dégage, charges d’exercice déduites, un bénéfice d’environ la moitié, soit 144 000 €. En exercice individuel, ces 144 000 € passent intégralement à l’impôt sur le revenu, jusqu’à la tranche à 41 % (pour un célibataire). En SELARL, il se rémunère à hauteur de son train de vie, disons 100 000 €, et laisse le surplus, 44 000 €, dans la société. Son impôt sur le revenu tombe alors d’environ 43 000 € à 25 000 €, soit 18 000 € d’économie, tandis que les 44 000 € conservés dans la société ne supportent que l’IS, environ 6 750 €. Le levier fiscal est considérable : près de 18 000 € d’impôt sur le revenu évités, contre un impôt sur les sociétés limité à 6 750 € sur la trésorerie capitalisée.

Il n’existe pas de seuil légal unique : la pertinence dépend du niveau de bénéfice, des cotisations, des frais de structure et de la stratégie patrimoniale.

José Arrebola en N&B

José Arrebola
Expert en financement et structuration médicale — ORIAS n°12067857

« Sur les dossiers que j’accompagne, la SELARL n’est presque jamais une question de ‘si’, c’est une question de ‘quand’. Pour un médecin qui dégage plus de 80 000 € de bénéfices, le gain fiscal dépasse le coût de la structure dès la première année. »

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La SELARL a évidemment ses contreparties : des obligations comptables précises, le recours quasi indispensable à un expert-comptable, un coût et un délai de création. Rien de rédhibitoire au-dessus d’un certain niveau d’activité, mais à mesurer en amont. Nous faisons le tour complet dans notre guide avantages et inconvénients de la SELARL pour un médecin.

La protection du patrimoine et la transmission

Au-delà de la fiscalité du dirigeant, la SELARL crée une responsabilité sociétaire distincte de votre patrimoine et offre un cadre de détention et de transmission des titres particulièrement lisible : on cède des parts, on fait entrer un confrère, on prépare une holding. Un avantage à nuancer toutefois, depuis 2022 le statut de l’entrepreneur individuel protégeant mieux le patrimoine personnel de ceux qui restent en nom propre.

SELARL ou SELAS : laquelle choisir ?

Les deux sont des sociétés d’exercice libéral à l’IS : la fiscalité de fond est identique. La vraie différence est sociale. En SELARL, le gérant majoritaire relève du régime des travailleurs indépendants (pour un médecin, retraite et couverture invalidité-décès via la CARMF). En SELAS, le président est assimilé salarié et relève du régime général, plus protecteur mais plus coûteux sur la rémunération. L’avantage historique de la SELAS sur les dividendes s’est largement érodé avec les réformes applicables à compter des revenus 2025. Pour la majorité des médecins que nous accompagnons, la SELARL reste le choix le plus efficient, mais l’arbitrage dépend de votre situation. Nous le détaillons dans notre guide dédié à la SELAS, l’alternative par actions.

À noter : si vous exercez seul, vous n’avez pas besoin d’un associé pour créer votre SEL. Il est possible d’exercer en SELARL avec un seul associé (SELARLU), et c’est même la configuration que nous recommandons le plus souvent.

Comment créer une SELARL en 2026 ?

La création passe par cinq étapes : le cadrage du projet (capital, répartition des parts, régime du gérant, stratégie de rémunération), la rédaction des statuts, le dépôt du capital, l’inscription de la société au tableau de l’Ordre, puis l’immatriculation au guichet unique. L’inscription ordinale est l’étape la plus longue : c’est elle qui fixe le calendrier réel. Le vrai enjeu n’est pas la formalité, c’est de cadrer la stratégie fiscale et sociale avant de créer la coquille. Un dossier bien tenu aboutit en trois mois, contre près d’un an quand il est mal coordonné. Vous pouvez nous solliciter pour passer en SELARL dans les meilleures conditions.

« Le passage en SELARL est une procédure qui doit être menée et accompagnée de façon experte et avec une vraie maîtrise des process. J’ai retrouvé, au-delà des qualités humaines et de la bienveillance chez Monsieur Arrebola, une écoute aiguisée, une réactivité instantanée. Il a su assez rapidement, grâce à son background, instaurer une relation de confiance permettant une collaboration synergique et de haute qualité, me permettant par ce témoignage de le recommander à tout médecin en structuration. »

Dr Khalid Boussif, anesthésiste
Toulouse, client Proxime 2025

Si vous hésitez encore sur l’opportunité de franchir le pas, le plus simple est de chiffrer votre cas. Vous pouvez simuler votre passage en SELARL pour estimer le gain avant de décider.

FAQ – Vos questions sur la SELARL

Quel intérêt de faire une SELARL ?

Principalement piloter sa fiscalité : passer d’une imposition à l’IR (jusqu’à 45 %) sur la totalité du bénéfice à une imposition à l’IS (15 % puis 25 %, sous conditions) sur la part laissée dans la société. S’y ajoutent la protection du patrimoine personnel et la souplesse pour s’associer ou transmettre.

Quels sont les avantages fiscaux d'une SELARL ?

Le taux réduit d’IS à 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice imposable, la capitalisation d’une trésorerie à un taux inférieur à votre tranche marginale d’IR, l’optimisation de l’arbitrage rémunération / dividendes, et la déductibilité de certaines charges. L’avantage est d’autant plus net que vos bénéfices sont élevés.

Quels sont les inconvénients d'une SELARL ?

Un formalisme comptable et juridique plus lourd, un coût de gestion (recours quasi indispensable à un expert-comptable), un délai et un coût de création, et des règles précises pour sortir l’argent de la société. En dessous d’un certain niveau de bénéfices, le jeu n’en vaut pas la chandelle. Il n’existe pas de seuil légal unique : tout dépend de la situation individuelle.

SELARL et SARL : quelle différence ?

Même fonctionnement juridique, mais la SELARL est réservée à l’exercice d’une profession libérale réglementée, avec un objet social limité à votre métier et un contrôle de l’Ordre sur les statuts et la détention du cap

Faut-il un associé pour créer une SELARL ?

Non. On peut exercer seul en SELARL unipersonnelle (SELARLU). C’est souvent la configuration la plus adaptée à un praticien qui s’installe sans s’associer.

Quel régime social pour le gérant d'une SELARL ?

Le gérant majoritaire d’une SELARL relève du régime des travailleurs non salariés (TNS). Pour un médecin libéral, les cotisations sociales (retraite, prévoyance, invalidité) sont calculées sur la rémunération versée, pas sur la totalité des bénéfices de la société. C’est une différence structurelle avec l’exercice individuel en BNC, où l’intégralité du résultat sert de base aux cotisations sociales.

Quelles sont les obligations comptables d'une SELARL ?

La SELARL est soumise à la comptabilité commerciale : tenue d’une comptabilité d’engagement, établissement des comptes annuels (bilan, compte de résultat), dépôt des comptes au greffe, assemblée générale annuelle. Ces obligations comptables sont plus exigeantes qu’en BNC individuel, ce qui justifie en pratique de s’appuyer sur un expert-comptable spécialisé dans les professions de santé libérales.

Quelle différence entre exercer en nom propre et créer une SELARL ?

En exercice individuel, votre activité libérale n’a pas de personnalité juridique distincte : vous et votre entreprise ne faites qu’un. La SELARL crée une société séparée, avec son propre patrimoine, son propre statut fiscal et ses propres obligations. Votre activité professionnelle est portée par une entité légale distincte, ce qui change fondamentalement la façon dont vous êtes imposé, protégé et transmettable.

Comment fonctionne la SELARL pour les professions de santé réglementées ?

Toute profession libérale réglementée peut exercer en SELARL, sous réserve d’inscription au tableau de l’Ordre compétent. Pour les professions de santé (médecins, chirurgiens-dentistes, infirmiers), le cadre légal est précisé par des textes spécifiques à chaque profession. La société doit avoir pour objet exclusif l’exercice de cette profession. Le régime social du gérant et le statut fiscal de la SELARL sont identiques quelle que soit la spécialité médicale.

Faire le bon choix pour votre situation

La SELARL est, pour la plupart des médecins qui dégagent des bénéfices significatifs, le bon outil au bon moment. L’enjeu : vérifier que votre situation justifie la bascule et construire la structure (capital, régime du gérant, statut professionnel, stratégie de rémunération) en fonction de vos objectifs réels, pas d’un modèle standard.

C’est exactement notre métier depuis 2011. Si vous voulez savoir ce que la bascule changerait concrètement pour vous, parlons-en : un échange suffit souvent à clarifier l’arbitrage.

PROXIME Conseil accompagne la création de sociétés d’exercice libéral et le financement du fonds libéral des professionnels de santé. Le conseil en investissements financiers et les opérations de financement sont encadrés par les statuts CIF et IOBSP, sous le contrôle de l’ORIAS (www.orias.fr), de l’AMF et de l’ACPR.

Cet article a une vocation informative ; les montants et taux cités s’entendent au régime fiscal en vigueur en 2026.

JA
José Arrebola
Expert en financement et structuration juridique médicale

Depuis 2011, José Arrebola accompagne médecins, chirurgiens-dentistes et pharmaciens dans les moments clés de leur parcours professionnel : installation, passage en société, financement et transmission. Fondateur de PROXIME Conseil, cabinet indépendant et réglementé.

ORIAS enregistré Cabinet indépendant | n°12067857 | Depuis 2011

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